
La saison NBA 2026-2027 s’ouvre avec un menu de paris plus court. Quelques jours avant les premiers matchs, la ligue a demandé aux opérateurs partenaires de retirer plusieurs types de mises sur les joueurs. Ce sont précisément ceux qui ont été utilisés dans les affaires de manipulation des deux dernières saisons. Pour le parieur, cela change la façon de construire un combiné. Pour le secteur, la mesure confirme que l’intégrité des compétitions passe désormais par la carte des paris proposés.
Ce que la NBA vient d’interdire
L’information a été révélée le 16 octobre par ESPN, qui a obtenu une note interne de la ligue. Elle a ensuite été reprise par Hoops Rumors et par le média spécialisé Covers. Trois familles de paris disparaissent chez les opérateurs partenaires de la NBA.
Les « under » d’un même joueur dans un combiné
Il ne sera plus possible de regrouper, dans un même combiné, plusieurs paris « moins de » portant sur les statistiques d’un seul joueur. C’est la combinaison la plus simple à exploiter pour quelqu’un qui sait à l’avance qu’un joueur va jouer moins longtemps ou se retenir : tous les « under » gagnent en même temps.
Les joueurs à faible temps de jeu
Les paris « under » sont aussi retirés pour un joueur dont on prévoit qu’il jouera moins de 12 minutes. Sur un temps de jeu aussi court, une petite décision (une sortie anticipée, un tir non tenté) suffit à faire basculer le pari. Le marché devient alors trop facile à influencer.
Les micro-paris « premier à »
Disparaissent enfin les paris du type « premier à » : l’équipe qui gagne l’entre-deux d’ouverture, ou le joueur qui réussit le premier panier, le premier tir à trois points, le premier rebond. Covers ajoute que les paris sur le fait qu’un joueur rate un tir précis sont aussi interdits. Ces paris se jouent sur une seule action, en quelques secondes, et un seul acteur sur le parquet peut suffire à en décider l’issue.
Pourquoi maintenant : les affaires Porter et Rozier
Ces interdictions s’ajoutent à des restrictions plus anciennes. Après l’affaire Jontay Porter, la ligue avait déjà fait retirer les paris sur les joueurs en contrat de dix jours ou en contrat « two-way ». Porter, depuis banni de la NBA, a reconnu devant la justice être sorti de matchs plus tôt pour faire gagner des parieurs qui avaient misé sur ses « under ».
Après l’arrestation de Terry Rozier en octobre 2025, ce sont les marchés sur les lancers francs manqués, les fautes et les pertes de balle qui avaient été retirés. Rozier conteste les accusations et a plaidé non coupable. Selon Hoops Rumors, les procureurs fédéraux lui reprochent d’avoir agi ainsi lors d’un match de mars 2023, et son dossier n’est pas jugé.
La logique est la même à chaque fois : on retire les paris qu’un seul joueur peut faire tomber, sans que le résultat du match soit en jeu. Une équipe qui perd par vingt points ne change rien à un pari sur le premier rebond.
La limite : les marchés de prédiction ne sont pas concernés
Covers relève un angle mort. Les nouvelles règles ne visent que les opérateurs de paris sportifs classiques, pas les marchés de prédiction comme Kalshi ou Polymarket, très présents aux États-Unis. La NBA n’a pas de partenariat avec ces plateformes. Elle a demandé à la CFTC, le régulateur fédéral des marchés à terme, de construire un cadre pour ces produits. En attendant, un contrat sur une performance individuelle peut rester accessible ailleurs que chez un bookmaker.
Et pour le parieur français ?
La note de la NBA s’adresse aux opérateurs américains partenaires de la ligue. Les bookmakers agréés en France ne sont pas directement liés par ce mémo. En France, c’est l’Autorité nationale des jeux qui fixe la liste des compétitions et des types de résultats sur lesquels on peut parier. Rien n’impose pour l’instant le même retrait sur les applications françaises : les marchés « premier panier » peuvent donc rester proposés, selon les choix de chaque opérateur et le cadre fixé par l’ANJ.
Le plus sûr reste de regarder la fiche du match chez votre opérateur avant de construire un combiné. Un marché retiré en cours de saison peut entraîner l’annulation d’une sélection, et le calcul du combiné change alors selon le règlement de chaque site.
Ce qu’il faut retenir avant de miser sur la NBA
Les paris sur les joueurs restent très présents dans l’offre NBA : points, passes, rebonds, en « plus de » comme en « moins de ». Ce qui disparaît, ce sont les formats les plus courts et les plus fragiles. Un combiné qui empile les « under » d’un même joueur ou qui mise sur la première action du match n’existe plus chez les partenaires de la ligue. Pour un parieur de loisir, la perte est modeste. Ces marchés étaient surtout des loteries à cote flatteuse, où l’analyse comptait peu face au hasard d’une seule possession.
La NBA fait aussi passer un message : les ligues ne se contentent plus de surveiller les mises suspectes après coup. Elles décident maintenant en amont de ce qu’on a le droit de parier. Pour un secteur qui tire une bonne partie de sa croissance des paris combinés et des paris sur les joueurs, c’est un changement à suivre de près, en Amérique comme en Europe.
Les jeux d’argent comportent des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé). Interdit aux moins de 18 ans.
