
FDJ United a publié mercredi 21 octobre au soir son chiffre d’affaires à fin septembre 2026, et le message est clair : l’année est plus difficile que prévu. Le groupe, qui réunit la Française des Jeux et Kindred (Unibet), annonce un chiffre d’affaires de 2,576 milliards d’euros sur neuf mois, en recul de 5,6 % sur un an, et revoit ses objectifs annuels à la baisse. Pour les parieurs, le détail est intéressant : une partie du recul vient… de leurs gains.
Un troisième trimestre nettement en retrait
Sur le seul troisième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe ressort à 794 millions d’euros, contre 864 millions un an plus tôt, soit une baisse de 8,1 %. Le produit brut des jeux (les mises moins les gains reversés aux joueurs) atteint 6,264 milliards d’euros sur neuf mois, en baisse de 2,8 %, selon le compte rendu détaillé d’ABC Bourse publié le 21 octobre.
La direction avance plusieurs explications. La première est fiscale : la hausse des prélèvements sur les jeux d’argent pèse pour « plus de 2 points » dans le recul du chiffre d’affaires. La deuxième tient à la loterie, avec moins de gros jackpots EuroMillions qu’en 2025. La troisième touche directement les paris sportifs.
Paris sportifs en point de vente : les parieurs ont beaucoup gagné
Dans les bureaux de tabac et les points de vente du réseau, l’activité de paris sportifs affiche un chiffre d’affaires de 297 millions d’euros sur neuf mois, en baisse de 4,5 %. La raison principale n’est pas une désaffection des joueurs : c’est le taux de retour aux joueurs, qui a progressé de plus de 400 points de base pour approcher 80 %.
Concrètement, sur 100 euros misés en point de vente, près de 80 euros sont revenus aux parieurs sous forme de gains. Pour l’opérateur, chaque point de retour supplémentaire réduit d’autant ce qu’il conserve. Un analyste cité dans la synthèse de la conférence publiée par Investing.com résume l’enjeu : un taux de retour élevé « peut rapidement peser sur les marges, comme on l’a vu dans les paris sportifs en points de vente ».
Le groupe signale aussi une baisse de fréquentation des points de vente, dans un contexte économique jugé défavorable par sa PDG, Stéphane Pallez.
Ce que cela signifie pour le parieur
Un taux de retour qui grimpe sur une période ne veut pas dire que les cotes sont devenues durablement plus généreuses. Il dépend largement des résultats sportifs : quand les favoris l’emportent souvent, les combinés « logiques » passent et l’opérateur reverse davantage. C’est un phénomène cyclique, que les opérateurs corrigent souvent en ajustant leurs marges sur les cotes les saisons suivantes. Le réflexe à garder reste le même : comparer les cotes avant de miser, et considérer chaque pari comme une dépense de loisir.
En ligne, la France progresse mais le Royaume-Uni plonge
Le pôle paris et jeux en ligne, qui intègre désormais Kindred, voit son chiffre d’affaires reculer de 8,2 % à 619 millions d’euros sur neuf mois, avec une contraction de 10,2 % au troisième trimestre. Le tableau est contrasté selon les pays :
Au Royaume-Uni, le produit brut des jeux chute de 24,4 %. Aux Pays-Bas, il recule de 8,6 %. Hors de ces deux marchés, il progresse en revanche de 5,7 %. D’après la synthèse d’Investing.com, la France et la Scandinavie sont en croissance, et la direction précise que l’activité britannique reste rentable malgré sa baisse.
La fiscalité additionnelle pèse aussi sur l’en-ligne : 34 millions d’euros sur les neuf premiers mois. Au total, le groupe chiffre à 62 millions d’euros les taxes supplémentaires supportées jusqu’en septembre, selon la dépêche Reuters reprise par Boursorama.
La loterie souffre de l’absence de gros jackpots
La loterie française reste de loin la première activité du groupe, avec 1,497 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur neuf mois (-4,8 %). Les jeux de tirage reculent de 12,2 %, quand les jeux instantanés (grattage) sont stables, à +0,3 %.
L’explication tient en un chiffre : sur la période, EuroMillions n’a connu que 12 jackpots supérieurs à 130 millions d’euros, contre 27 un an plus tôt, et un seul au-dessus de 200 millions, contre 12. Or ce sont ces cagnottes géantes qui font venir les joueurs occasionnels.
Des objectifs 2026 revus à la baisse
FDJ United ajuste ses prévisions pour l’ensemble de l’année. Le groupe anticipe désormais :
un produit brut des jeux en baisse de quelques pourcents, alors qu’il visait la stabilité en juillet ; un chiffre d’affaires en recul d’environ 5 %, contre une baisse de 1 à 3 % annoncée auparavant ; plus de 70 millions d’euros de fiscalité supplémentaire sur l’année.
La marge d’Ebitda courant est maintenue « autour de 23 % », tout comme la politique de distribution d’au moins 75 % du résultat net ajusté. Les résultats annuels seront publiés le 18 février 2027.
Notre lecture
Ces chiffres confirment une tendance déjà visible dans les données de l’Autorité nationale des jeux : le pari en ligne continue de gagner du terrain en France, quand le réseau physique s’essouffle. La hausse de la fiscalité, elle, touche tous les opérateurs et pourrait se traduire, à terme, par des cotes un peu moins généreuses ou des offres promotionnelles plus rares.
Pour le parieur, la leçon est double. D’abord, une bonne période pour les joueurs ne dure pas : les opérateurs ajustent leurs marges dès que le taux de retour s’emballe. Ensuite, la diversité des offres en ligne rend plus que jamais utile la comparaison des cotes d’un site agréé à l’autre. Et quelle que soit la tendance, le jeu doit rester un loisir : en cas de difficulté, le service Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
